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Résumé du ch. 42 : La politique de distribution ou rendre de l’argent aux actionnaires

Le bénéfice net n’a que deux affectations possibles : soit le réinvestissement dans l’entreprise sous forme d’autofinancement, soit sa distribution aux actionnaires sous forme de dividende ou de rachat d’actions, voire de réduction de capital.

L’autofinancement bénéficie d’une excellente image : il réduit le risque du créancier, se traduit par des plus-values et non des dividendes souvent plus lourdement imposés pour l’actionnaire. Il constitue pour les gestionnaires une ressource mobilisable sans avoir à solliciter des tiers, ressource qui diminue le risque de leur entreprise tout en accroissant la valeur de leurs stock-options.

C’est là cependant son danger. L’autofinancement n’a d’intérêt d’un point de vue financier que s’il permet de financer des investissements qui rapporteront au moins le taux de rentabilité exigé compte tenu de leur risque. Sinon il conduit à détruire de la valeur avec d’autant plus de constance que la sanction intervient souvent tard puisque l’autofinancement à outrance coupe l’entreprise des marchés financiers. La sanction n’en est que plus forte !

Le piège de l’autofinancement est son coût apparent qui est nul alors que son véritable coût, qui est un coût d’opportunité, est bien réel. Il est égal au coût des capitaux propres.

L’autofinancement permet un taux de croissance interne égal au taux de rentabilité comptable des capitaux propres multiplié par le taux de rétention des bénéfices (1 – le taux de distribution). À levier comptable et rentabilité économique constants, le taux de croissance interne correspond au taux de croissance des capitaux propres et de l’actif économique. Enfin, le taux de croissance du BPA est égal à la rentabilité marginale des capitaux propres que multiplie le taux de rétention des bénéfices.

Le dividende, le dividende exceptionnel, le rachat d’actions et la réduction de capital ont pour objectif premier de rendre aux actionnaires des fonds qui ne trouvent plus à s’investir dans l’entreprise à un taux de rentabilité qui correspond au moins au coût du capital, évitant ainsi de détruire de la valeur. On réalloue ainsi des fonds d’entreprises ou de secteurs à maturité devenus moins risqués, vers des entreprises ou des secteurs nouveaux, en plein développement, qui ont besoin de capitaux propres.

Des objectifs secondaires peuvent aussi être poursuivis :

? signaler que l’entreprise qui renonce volontairement à des liquidités est en bonne santé et qu’elle est confiante dans l’évolution de ses résultats (théorie du signal) ;
? réduire la marge de manœuvre des dirigeants en les privant d’une partie des flux de trésorerie générés par l’entreprise (théorie des mandats) ;
? répondre aux souhaits des actionnaires qui, dans certaines phases, sont prêts à surpayer des entreprises versant des dividendes importants et qui, dans d’autres phases, sont prêts à surpayer des entreprises versant peu de dividendes ;
? modifier progressivement la structure de l’actionnariat en renforçant le poids de certains actionnaires au détriment de celui d’autres actionnaires ;
? procurer des liquidités à l’actionnaire qui, comme tout être humain, peut en avoir besoin.

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